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Manifestation contre les déchets nucléaires à BURE

La Corse entretient des rapports de longue date avec le nucléaire et ses mensonges.

Dès 1960, l’état avait prévu de procéder à des explosions atomiques souterraines dans les mines de l’Argentella au sud de Calvi. Présentées comme ayant des fins civiles,( travaux publics, exploitation minière) ces explosions n’avaient en fait pour but que de remplacer le Centre d’expérimentation militaire de Reggane en Algérie où avaient été essayées les deux premières bombes françaises, ces explosions aériennes risquant d’être remises en cause par un accord international.

Selon le bref communiqué informant la presse, «  les essais souterrains du type envisagé » n’avaient pas « d’effets extérieurs et pouvaient être réalisés sans présenter le moindre danger ». on expliquait par ailleurs « comment la création de ce centre contribuerait à offrir une activité accrue à l’économie et à la main d’œuvre locale ».

Devant la mobilisation de la population et de certains élus, le gouvernement affirma avoir pris la décision de la création d’un centre d’expérimentation à l’Argentella. On n’en était plus alors au stade u projet éventuel.

Michel Debré écrivait le 23 avril 1960 en réponse à l’association des maires de Corse :

« 1) Les expériences qui seront réalisées , ne peuvent présenter aucun danger pour aucun être vivant, ni des conséquences dangereuses d’aucune nature, notamment par contamination nocive de l’air et des eaux.

2) Le site de l’Argentella a été choisi après un examen de l’ensemble du territoire métropolitain. Sa configuration géologique, la hauteur et la pente du massif, la qualité de la roche en font techniquement l’emplacement le meilleur.

3) J’ajoute que ces précisions apaiseront l’émotion justifiée dont vous m’avez transmis l’écho, et vous confirmeront la volonté du gouvernement de ne rien entreprendre qui puisse menacer l’expansion de la Corse à un moment où, à ma demande, les divers ministères intéressés se préparent à arrêter un plan définitif qui doit permettre à ce département français de connaître le maximum de prospérité ».

Le ton monte dans l’île et le projet de jeter les techniciens à la mer se précise.

Le gouvernement craignant des événements recule et renonce à son projet le 10 juin 1960, mais dès octobre il envisage d’immerger 6500 fûts de déchets radioactifs de Marcoule à 80 km au nord de Calvi. La protestation populaire mettra fin à ce projet délirant.

Après une période de répit c’est le projet de raccordement de la Corse par le câble ICO (Italie Corse) en 1985, qui va remobiliser la population. Il s’agit en fait d’écouler les surplus nucléaires français par l’Italie à qui la France exporte de l’énergie et pour cela on renonce à la réalisation de barrages hydroélectriques. Là aussi ce projet va être mis en échec.

Depuis cette date, nous avons connu la catastrophe de Tchernobyl et la Corse comme l’Est de la France a été particulièrement touchée. Nouveau mensonge de l’Etat sur les conséquences du nucléaire.

Nous découvrions alors que la souveraineté nationale française ne protégeait pas des radiations atmosphériques. Il est à supposer qu’il en serait de même pour les nappes phréatiques.

Aujourd’hui, il nous est encore difficile d’avoir des informations sur la menace du nucléaire militaire américain de la base de la Maddalena en Sardaigne.

Voici ce que nous écrivions aux Conseillers territoriaux de Corse le 24/07/2005 :

« Concernant les délestages de février/mars 2005, nous sommes convaincus qu’EDF a voulu impressionner la population et forcer la main aux élus pour obtenir enfin l’installation du câble électrique ICO destiné à importer dans l’île les surplus nucléaires français, hypothèse jusqu’à ce jour refusée par les forces vives de l’île. il est évident pour I Verdi que son installation signerait la mise aux oubliettes des ouvrages hydroélectriques (prévus) et la réduction de la maîtrise de l’énergie et de la mise en valeur des énergies renouvelables à une peau de chagrin.

De plus, il y aurait un manquement grave à l’éthique dans la mesure où, à notre connaissance, aucune commune de l’île n’accepterait d’enfouir dans son sol des déchets nucléaires. »

C’est pourquoi nous sommes totalement solidaires de votre lutte.

Pour ne pas enfouir de déchets, il faut cesser d’en produire.

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