Aiacciu, le 28/05/2004
Le chantier européen est proposé
au vote de chacun et chacune d’entre nous le 13 Juin prochain.
Car c’est bien d’un chantier qu’il s’agit, engagé notamment
par les tenants d’une économie libérale qui négligent
la question sociale et ne s’intéressent pas à la mise
en place d’une Europe politique.
C’est pourquoi, le 13 Juin, il faudra tenir compte des impératifs
de justice sociale et de construction de la paix pour déterminer
son choix, d’autant que le projet de la première Constitution
européenne doit être prochainement soumis à referendum.
Sans prétendre que les Verts ont le monopole des bons projets
de société, il est évident qu’ils sont les seuls
à remettre en cause le système productiviste et le «
consommer toujours plus » en plaçant vraiment l’être
humain au centre des préoccupations, ce qui correspond aux
critères d’utilité sociale des projets et du «
consommer mieux ».
A cet égard, il est utile de rappeler que les Verts sont en
pointe sur les questions de l’environnement et de la sécurité
sanitaire, des domaines où l’Europe est souvent en avance sur
les Etats.
Enfin, il est intéressant de noter que les Verts des différents
pays européens ont montré leurs aptitudes à réfléchir
et agir ensemble dans le sens de l’intérêt général
transfrontières, en élaborant un « Contrat vert
pour l’Europe » en quarante quatre propositions, avec les même
affiches électorales thématiques dans tous les pays
de l’Union Européenne.
Dans la période de transition actuelle , nous assistons à
des manifestations curieuses (inconscience, frilosité, tactique
politicienne,… ?), comme la récente suppression de la Commission
des affaires européennes de l’Assemblée de Corse par
la nouvelle présidence de la Collectivité Territoriale
de Corse : il s’agit bien là d’une décision qui va à
contresens de l’Histoire.
Il faut dire qu’en remontant dans le temps, la relation à
l’Europe a entraîné pour la Corse de nombreuses déconvenues,
du fait notamment de divers blocages de la part de l’Etat :
- Non prise en compte des particularités fiscales historiques
de la Corse pour élaborer un statut fiscal spécifique
adapté aux besoins du développement.
- Non prise en compte de la demande par la Corse d’un P.O.S.E.I.
- Affectation très tardive (15 à 18 mois) du montant
des aides européennes à leurs bénéficiaires
du fait du placement bancaire des fonds européens par l’Etat
pendant ladite période.
- Sortie anormale de l’objectif n° 1, du fait d’ « erreurs
» dans les statistiques officielles.
- Retards pris dans la définition d’une politique européenne
spécifique pour les îles.
Dans le même temps, nous constatons :
- l’accentuation forte de la désertification rurale et la menace
grandissante des incendies sur toute l’île ; l’insuffisance
du nombre des retenues d’eau ; de grands retards en matière
de gestion rationnelle des déchets ; et dans le domaine de
la maîtrise de l’énergie et du développement des
énergies renouvelables ; des risques de pollution grandissants
dans les Bouches de Bunifaziu, du fait du passage de navires transportant
du pétrole ou des produits dangereux, ainsi que de la présence
de sous-marins nucléaires U.S ; des menaces sur l’avenir même
de la pêche artisanale en Corse.
Tous ces sujets relèvent de plus en plus du niveau européen.
Nous y ajouterons la nécessité de la mise en place d’un
fonds tripartite Europe – Etat – CTC afin de dégager les fonds
permettant de gérer les sites acquis par le Conservatoire du
Littoral, ainsi que les lacs de montagne et certaines vallées
intérieures.
Quant au climat politique de l’île, nous constatons un face
à face de plus en plus stérile entre la Corse et l’Etat
sur fond de corsophobie « politiquement correcte » pour
de nombreux médias.
Dans le même temps les manquements continus aux principes des
Droits de l’Homme ainsi qu’au Code Pénal, empêchent notamment
le rapprochement, dans l’île, des prisonniers politiques corses.
Ainsi, I Verdi considèrent qu’il est grand temps que l’Union
Européenne se saisisse du dossier politique corse pour pouvoir
sortir de l’impasse actuelle.
La simple juxtaposition des différents statuts des îles
rattachées à différents pays européens,
mettrait en exergue le grand retard de la Corse en matière
d’affirmation institutionnelle.
I Verdi, attachés au principe du respect du droit à
l’autodétermination pour le peuple corse, communauté
de destin, et attachés à la construction d’une Europe
des Peuples et des Régions Solidaires, considèrent que
c’est dans le dialogue et l’écoute de l’Autre que la Corse
pourra sortir de l’ornière actuelle afin de maîtriser
son avenir dans une perspective de développement soutenable
et durable ainsi que de solidarité méditerranéenne.
C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui un appel, au-delà
du mouvement national corse, à l’ensemble de tous ceux et toutes
celles qui veulent construire pour la Corse un avenir de dignité
et de paix, pour voter en faveur de la liste des Verts conduite par
Jean-Luc Bennahmias. .Afin de donner au groupe « Verts – A.L.E
». du Parlement européen – qui réunit les parlementairesVerts
et Régionalistes de différents pays – le maximum de
poids politique.
Nous terminerons sur l’idée qu’il est indispensable de faire
de la Méditerranée un espace de paix ; à cet
égard, seule une Europe politique pourra apporter des réponses
adaptées, notamment pour le conflit du Proche-Orient.
C’est là une raison supplémentaire de voter VERT !
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