| L’essentiel de notre position
:
- Nous sommes favorables à la généralisation du tri sélectif des
déchets en vue de leur valorisation
- Nous nous opposons à l’installation d’un ou deux incinérateurs.
Il est indispensable de respecter dans ce dossier sensible le principe
de précaution, intimement lié au développement durable, qui vise
à satisfaire les besoins des populations actuelles sans compromettre
ceux des générations futures, tout en cherchant un équilibre entre
l’action économique, le respect de l’environnement et la justice
sociale.
La référence à adopter ici est le respect de la Santé Publique.
Cette attitude doit amener aux refus des manœuvres des lobbies industriels
de l’incinération ( Vivendi-Générale des Eaux, Lyonnaise des Eaux,
Bouygues, EDF…) L’incinération des déchets, appelée pudiquement
« Valorisation énergétique » transforme les déchets mais ne les
élimine pas : elle réduit le volume des déchets mais entre temps
ceux-ci sont devenus toxiques.
Nous pourrions citer des dizaines d’articles parus dans la presse,
des enquêtes, des dossiers… Nous mentionnerons cependant le compte-rendu
d’une conférence qui s’est tenue le 11 décembre 1998 à la faculté
de Médecine de Marseille : le professeur Picot, Toxicologue au CNRS,
convié par l’Académie des Sciences à participer à un groupe de travail
sur les dioxines, en sa qualité de Toxico-chimiste, concluait qu’une
dose minima de dioxines peut agir de manière irréversible sur l’organisme
en perturbant le système hormonal. Le groupe de travail, composé
de neuf industriels de la chimie, sur douze, décide de rejeter sa
contribution. Or, ce rapport de l’Académie des Sciences est la référence
des pouvoirs public en ce domaine !!! Plus récemment des enquêtes
épidémiologiques effectuées dans le voisinage d’incinérateurs établissaient
la relation entre les pollutions dégagées et l’augmentation alarmante
des cancers.
Il faut savoir que les dioxines rejetées dans l’atmosphère retombent
sur les végétaux et sur l’eau puis se retrouvent dans toute la chaîne
alimentaire. Elles se concentrent alors dans les graisses animales,
le lait, lait maternel, viandes et poissons.
En fait la molécule de dioxine utilise les voies hormonales, en
mimant l’action des hormones et en agissant comme elles, à des doses
infinitésimales de l’ordre du pico-gramme (millionième de millionième
de gramme.) Cette molécule va ainsi perturber le fonctionnement
de la thyroïde, des glandes surrénales, et des glandes sexuelles
; diminuer l’efficacité du système immunitaire, d’où une mauvaise
défense contre les infections et contre les cellules cancéreuses
; entraîner une augmentation des cancers des tissus mous :( cerveau,
foie et organes digestifs…).
Enfin la nocivité des dioxines est aggravée par le fait qu’elles
ne sont pas dégradables dans la nature : elles s’accumulent. Dans
le corps humain il faut attendre sept ans, sans être exposé, pour
ne perdre que la moitié de la concentration en dioxine contenue
dans les graisses.
Aujourd’hui tout le monde sait que les incinérateurs produisent
des dioxines et autres furanes (et les scientifiques n’ont pas encore
analysé la totalité des substances ( de l’ordre du millier) qui
s’échappent d’un incinérateur.
En France, le Ministère de la Santé fixe la dose journalière admissible
(DJA) à un picogramme/Kg de poids/jour. Quant à l’Agence Américaine
de l’environnement, elle préconise de ne pas absorber plus de 0,006
pg/Kg de poids/jour, soit environ 60 fois moins que la norme française.
Cela signifie qu’un enfant de dix ans pesant 30 Kg ne doit pas
ingérer plus de 30 picogrammes de dioxines par jour selon la norme
française et pas plus de 0.18g selon la norme américaine. En moyenne,
un enfant français ingère 85.2 picogrammes de dioxine par jour donc
trois fois plus que la norme française et 500 fois plus que la norme
américaine !!
Pour conclure ; après les scandales successifs de l’amiante, du
sang contaminé, de la vache folle, des poulets à la dioxine, Tchernobyl,
la Corse ne peut accepter celui de l’incinération que certains intérêts
veulent nous imposer ; avec une nouveauté ; ce sont tous les êtres
vivants qui sont exposés : car les vents ne respectent pas les frontières.
Dans une lettre adressée le 22 avril 1998 à Messieurs Baggioni
et Rossi, I Verdi Corsi dénoncaient la gravité de ce problème pour
l’île. I Verdi proposaient : la valorisation maximale, hors incinération
; le compostage, le tri valorisation et le traitement sur place
des déchets biodégradables ce qui réduirait considérablement les
contraintes et les coûts de la collecte et du transfert ; la concertation
avec les sociétés de distribution afin de parvenir à la suppression
des sachets plastiques…
Jean Baggioni a répondu le 24 avril 1998, en affirmant «tout l’intérêt
qu’il porte au trivalorisation et aux nouvelles méthodes d’élimination
des déchets hors incinération ».Quant à José Rossi, il écrivait
le 29/04/1998 : « Il va de soi que la C.T.C doit jouer un rôle majeur
pour l’animation et la coordination de cet important dossier. »
Aussi, nous attendons que le C.T.C, compétente en la matière depuis
le 22 janvier 2002, assume toutes ses responsabilités et que, face
à un risque potentiel aussi important, elle s’engage dans toutes
les solutions alternatives préservant la santé publique, la sécurité
sanitaire et l’environnement. |